Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 09:06

Article de Bernard Devy, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2974

On aurait pu penser qu’il était naturellement admis que les dispositifs de protection sociale avaient démontré leur efficacité comme amortisseurs sociaux de la crise économique, et qu’en conséquence, sans faire preuve d’une trop grande naïveté, nos élites auraient tiré les enseignements de cette période et prendraient le contre-pied des mécanismes du marché pour renforcer le caractère solidaire de nos systèmes de protection sociale.

La dernière période que nous venons de traverser nous amène à constater que rien n’a changé; le démantèlement des mécanismes publics de solidarité se poursuit, hier sur la retraite, demain sur l’assurance-maladie et la dépendance. En faisant peser sur les individus les risques sociaux, on s’achemine de fait vers une transformation de notre société où chaque individu devra désormais s’assumer, l’État n’étant responsable que des plus démunis, c’est un retour au concept d’assistance.

Nous sommes très loin des origines de la Sécurité sociale de 1945 et les nouveaux adeptes d’une vision moderne de l’engagement individuel ont refait surface, au risque d’accentuer encore davantage les inégalités. La crise financière n’a pas découragé les partisans d’un développement de l’épargne retraite individuelle, et ce, malgré l’effondrement des marchés financiers.

Les difficultés que rencontrent les personnes âgées pour faire face aux charges financières importantes en cas de perte d’autonomie n’ont pas non plus contribué à faire reculer le gouvernement sur les pistes envisagées de couverture du risque par l’assurance privée et du recours sur succession.

Dans un document resté confidentiel, dont le titre laisse rêveur, «Confortons notre système d’assurance-maladie», le MEDEF se lance dans une réflexion sur le devenir de notre système de santé qui aboutit, et ce n’est pas une nouveauté, à l’instauration d’une médecine à deux vitesses, laissant le champ libre, là aussi, aux assureurs privés.

À l’heure où Force Ouvrière s’apprête à réunir ses militants dans le cadre de son congrès, nous portons la lourde responsabilité de la prise de conscience des salariés face à un changement radical des conceptions et des valeurs de solidarité et de justice sociale, dont nous sommes le dernier rempart et que nous devons continuer de défendre.


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