Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 11:30
L'Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 9 février 2011

 

Dans son discours prononcé le 15 juin 2009 à Genève, devant la Conférence internationale du travail, le président de la République avait repris plusieurs revendications syndicales, dont celle que nous défendons depuis longtemps avec la CISL puis la CSI, à savoir le respect contrôlé des normes internationales fondamentales du travail. Ce que, à l'époque, nous avions positivement souligné.

Dans ce même discours il indiquait: «[...] Ce qui est chimérique et ce qui est irresponsable, c'est de croire que les peuples subiront sans rien dire les conséquences douloureuses de la crise [...].»

Soulignant que la crise n'était pas une parenthèse, il déclarait: «Je le dis en pesant mes mots, ou nous aurons la raison ou nous aurons la révolte, ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence; ou nous aurons des protections raisonnables, ou nous aurons le protectionnisme.»

Les évènements en Tunisie ou en Égypte confirment cette vision des choses. Ils éclatent en effet à cause de la crise et sur les revendications sociales se greffe naturellement l'exigence de liberté et de démocratie.

Ce sont effectivement les peuples qui subissent plein pot la crise à des degrés divers.

Mais depuis son déclenchement il y a trois ans et demi, rien de fondamental n'a été transformé au niveau international. Le seul fait notable est que partout les États sont venus au secours des marchés avec l'argent des impôts actuels et à venir.

En Europe, non seulement les modalités de la construction européenne n'ont pas été modifiées, mais la logique du capitalisme libéral a été renforcée par le durcissement du pacte de stabilité et de croissance et la mise en place de plus d'austérité, remettant en cause les droits sociaux et les services publics.

En France, c'est l'objet prioritaire de la RGPP et de la contre-réforme des retraites.

Les propositions franco-allemandes visent à durcir les budgets et à remettre en cause les droits sociaux. Il s'agit de rendre le social flexible vis-à-vis d'une politique économique restrictive et rigide.

On vient ainsi de relancer l'idée d'inscrire dans la Constitution l'équilibre budgétaire, ce qui reviendrait à constitutionnaliser la rigueur et à transformer le Conseil constitutionnel en gardien du temple de l'austérité!

Il ne suffit pas d'avoir raison à Genève si on a tort à Paris et à Bruxelles.


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