Jeudi 15 décembre 2011
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ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ
DU JEUDI 15 DÉCEMBRE 2011
À la demande du Groupe Nouveau Centre de l’Assemblée nationale, et plus particulièrement de l’un de ses membres, Nicolas Perruchot, une commission d’enquête sur le
financement des organisations syndicales et patronales a été mise en place. Il faut d’ailleurs noter, au passage, qu’au début seules les organisations syndicales de salariés étaient
concernées.
Dès le départ nous avions dénoncé cette opération en expliquant que la suspicion transpirait et que le Nouveau Centre devrait plutôt s’appeler «nouvelle
inquisition».
Cette commission s’est donc réunie et a procédé à toute une série d’auditions, dont celle de Force Ouvrière. À
la fin de ses travaux son rapport a été retoqué par l’Assemblée, c’est-à-dire que les députés n’ont pas donné le feu vert pour sa publication. C’est de leur responsabilité.
Visiblement chagriné, le rapporteur à l’origine de la commission – député maire de Blois – s’est répandu dans les médias. Ce qui n’est pas normal, sur le plan
juridique.
Et de s’étonner, par exemple, s’agissant de Force Ouvrière, que la confédération ne soit pas en mesure de
donner le montant global des cotisations versées par les adhérent(e)s Force Ouvrière. Et pourtant nous leur avons expliqué nos modes de
fonctionnement, notre décentralisation, notre fédéralisme.
De fait, la confédération ne connaît que la quote-part globale des cotisations dites confédérales, c’est-à-dire la part de la cotisation qui relève statutairement
du niveau confédéral.
Effectivement, n’en déplaise à certains élus, Force Ouvrière ne fonctionne pas comme une entreprise qui aurait des
comptes consolidés avec un P-DG ou un directoire à sa tête. Ce serait contraire à notre conception de la démocratie, de la liberté et de l’indépendance.
Bien entendu, à cette occasion, on retrouve la sempiternelle observation selon laquelle le syndicalisme français, vu le taux de syndicalisation, serait plus faible
qu’ailleurs. Ce qui dénote une méconnaissance profonde de notre histoire sociale, politique et républicaine.
Comme la loi l’y oblige la confédération publiera d’ici à la fin de l’année ses comptes certifiés. Comme tout le monde pourra le constater, de la même manière que
nous sommes partisans de la répartition en matière de protection sociale collective, nous le sommes aussi en matière de cotisation. Notre rôle n’est pas de thésauriser, mais de tout mettre en
œuvre pour faire fonctionner l’Organisation au service des adhérents et des structures, ce qui peut par exemple justifier temporairement un déficit s’il sert le développement.
En la matière comme dans d’autres (cf. les débats sur le déficit public), c’est une question de choix et de conception.
Mais force est de reconnaître qu’il est difficile de faire comprendre à quelqu’un qui ne connaît pas le syndicalisme ce qu’est le syndicalisme. Encore moins de lui
faire comprendre les divergences ou différences de conception syndicale.
Aux dires de certains de ses amis, M. Perruchot voulait se faire un nom avec ce dossier.
Je ne sais pas si tel est le cas, mais il ne s’est pas donné en tout cas une image sociale.
Enfin, pour terminer, je me permets de souhaiter à chacun d’entre vous une bonne et heureuse année 2012.
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