Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:39

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

 

Un mauvais projet de loi ne devient pas bon, par miracle, quand il est publié au Journal officiel. C’est le cas de la loi Travail.

 

Les manifestations et rassemblements du 15 septembre, compte tenu du contexte, n’étaient pas négligeables, loin s’en faut. Et si nous avons décidé, dans l’immédiat, de ne pas appeler à d’autres manifestations, nous allons continuer sous d’autres formes notre combat contre cette loi néolibérale qui fragilise et flexibilise le travail. Nous travaillons sur les recours juridiques, nous avons mis en place un système de veille et nous allons surveiller comme le lait sur le feu les décrets et la mise en application de la loi dans les entreprises.

 

Comme je l’ai indiqué plusieurs fois, cette loi sera le chewing-gum qui collera aux chaussures du gouvernement. Quand on lit ce que vient encore d’affirmer le président de la République, à savoir qu’il a permis un vrai dialogue entre un patronat moderne et des syndicats réformistes (!), on mesure le fossé qui existe ainsi que la méconnaissance et l’inexpérience des relations sociales et du social en général. La plaie est donc loin d’être refermée.

 

Cette loi a ouvert la porte de la remise en cause des conventions collectives nationales et, demain, des statuts. Et je ne parle pas du fiasco de la méthode.

 

Il y a un lien avec la campagne pour les élections dans les TPE. En effet les salariés, comme les employeurs, dont les artisans, entendent bien conserver les conventions collectives nationales. Toutes mes visites actuelles le confirment. Salons de coiffure, pharmacies, TPE de la métallurgie, commerces, etc. Ce que les employeurs réclament ce n’est pas la loi Travail, c’est de la simplification administrative et qu’on les aide en termes de trésorerie quand ils connaissent des trous d’air.

 

Pour ces élections, tous les adhérent(e)s FO doivent être sur le pont. Nous sommes tous en contact, chaque jour, avec ces salariés. Souvent nous les aidons, nous les appuyons, nous leur indiquons leurs droits.

 

Ce n’est pas parce qu’on est dans une petite entreprise qu’on doit avoir de petits droits.

 

Loi Travail, TPE : restons nous-mêmes, libres et indépendants. Continuons à être de vrais réformistes, exigeants, ni béni-oui-oui, ni béni-non-non.

 

Retrouvez les éditoriaux de Jean-Claude Mailly sur force-ouvriere.fr

15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 15:57
14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:20

« On arrive au bout d’un système »

 

 

Meeting de rentrée à Marseille le 8 septembre 2016. Photos : UD FO 13.

 

« Sa vraie rentrée, c’était hier. Après un meeting à Nantes, mercredi soir, en compagnie de la CGT et des syndicats étudiants mobilisés contre la loi Travail, Jean-Claude Mailly était hier à Marseille. "C’est une habitude", sourit le secrétaire général de Force Ouvrière. » LaProvence.com le 9 septembre 2016

 

 

La rentrée politique se fait sur l’identité et la sécurité. Le social est absent. Inquiet ?
Jean-Claude Mailly : Oui, ça m’inquiète. Je ne dis pas qu’identité et sécurité ne sont pas des problèmes. Mais on en fait trop. Beaucoup trop sur le burkini par exemple. Pendant ce temps, on ne parle pas de l’économie et du social. Ce sont pourtant des questions clés. Même si, comme toujours, FO ne donnera aucune consigne de vote, je rencontrerai tous les candidats à la présidentielle.


Emmanuel Macron a-t-il les atours d’un candidat crédible ?
J-C.M. : Quand il était ministre, j’ai eu le sentiment qu’il était plus préoccupé par son mouvement « En marche » que par ses dossiers. Par deux fois, il a annulé des rendez-vous avec moi. Il a plus influé quand il était au cabinet de Hollande qu’en tant que ministre. Sur le pacte de responsabilité ou les licenciements économiques, il était derrière.


Vous faites votre rentrée en vous affichant avec le leader de la CGT. Est-ce pour signifier votre position contestataire à l’égard du gouvernement ?
J-C.M. : Pas du tout. J’ai entendu Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, dire que mes prédécesseurs doivent se retourner dans leur tombe parce que je vais à la Fête de l’Humanité. Qu’il se mêle de ses oignons. Et Jaurès ? Ne se retourne-t-il pas dans sa tombe avec la loi Travail ? On garde notre indépendance. Sur la loi Travail, le président et le gouvernement ont fait un ratage complet. Sur la méthode, en passant en force à coups de 49-3 sur un projet minoritaire. Chez les salariés, dans le patronat, politiquement et dans l’opinion. Et sur le fond aussi.


Pensez-vous pouvoir changer une loi promulguée ?
J-C.M. : Non, mais on peut encore influer sur 134 décrets d’application. Il y a quatre voies de recours possibles, par le Conseil constitutionnel, les salariés, l’Europe et l’Organisation internationale du travail. Si le projet de loi n’est pas le même qu’au départ, je l’attribue aux mouvements sociaux. Après, le président de la République m’a dit qu’il avait un accord avec la CFDT. Force Ouvrière est une organisation réformiste. On se bat. Je n’ai jamais coupé les ponts. Le dossier n’est pas terminé. Un chantier de deux ans s’ouvre sur la réécriture du code du Travail. On va continuer à être ce chewing-gum qui colle aux baskets du gouvernement.


En manifestant, encore ?
J-C.M. : Il y aura une journée d’action le 15 septembre. Il y aura moins de monde, on le sait. On ne va pas insister, mais se battre autrement, juridiquement et par des veilles. Depuis quatre ans, je dis que ces logiques d’austérité sont suicidaires, y compris démocratiquement. Elles provoquent un sentiment d’abandon et ouvrent la porte aux populistes et aux identitaires partout en Europe.


Y a-t-il une nécessité de recomposition politique ?
J-C.M. : Je quitte ma casquette de secrétaire général un instant. On a un problème constitutionnel lié au quinquennat. Il donne le sentiment, en liant le président de la République et son Premier ministre, qu’il y en a un de trop. Il manque aussi une dose de proportionnelle dans ce pays. On arrive au bout d’un système.


Propos recueillis par François Tonneau

8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 14:41

Jean-Claude Mailly : « Notre combat contre la loi Travail n’est pas fini »

JPEG - 396.3 ko
 

« Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, explique dans un entretien sans langue de bois que son syndicat ne rendra pas les armes face à la loi Travail. » Le Parisien


Vous ferez meeting commun mercredi avec Philippe Martinez. C’est un rapprochement entre FO et la CGT ?

JEAN-CLAUDE MAILLY. J’ai répondu à l’invitation lancée par l’union départementale FO de Loire-Atlantique, comme les sept responsables d’organisations étudiantes, lycéennes et de salariés qui ont également été conviés à Nantes pour un meeting commun sur la loi Travail. Nous sommes dans une unité d’action. Ce n’est pas parce que cette loi est passée avec le 49-3 cet été que c’est fini. Nous appelons le 15 septembre à une nouvelle journée de mobilisation dans une quarantaine de villes.


N’est-ce pas la manif de trop ?

Non. Cette date avait été arrêtée dès le début de l’été. Les camarades ont levé le pied à juste titre après les attentats de Nice. L’objectif est de montrer qu’on ne laisse pas tomber, même s’il y aura moins de monde qu’il n’y en a eu. Et cela ne veut pas dire qu’après le 15 septembre, il y aura encore des manifs. Maintenant, il va y avoir une bataille juridique à mener.


Vous voulez jouer la montre pour empêcher l’application de la loi ?

Le gouvernement a jusqu’à la fin de l’année pour rédiger les 134 décrets. Nos services juridiques travaillent d’arrache-pied pour trouver les axes de recours. Il n’est jamais trop tard.


On vous annonce à la Fête de l’Huma, samedi 10 septembre. Avec les communistes, c’est la lune de miel ?

J’y serai pour participer à un débat sur le dialogue social et la loi Travail. C’est effectivement la première fois qu’un secrétaire général de FO y participe. Cela ne me pose aucun problème.


Et à vos militants ?

Je n’exclus pas que certains se demandent ce que je vais faire là-bas, mais à partir du moment où l’on a des convictions et que les choses sont claires, on peut aller débattre partout. Il y a quelques années, j’ai participé à l’université d’été du Medef. Là, ça change, je vais à la Fête de l’Huma.


Vous parlez du Medef. Pour Manuel Valls, depuis la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), les entreprises ont joué le jeu. Qu’en pensez-vous ?

Je rappelle que sur trois ans, le pacte de responsabilité et le CICE, cela représente au total plus de 100 Mds€ de réductions accordées aux entreprises. Et nous n’avons pas eu un million d’emplois, loin de là, malgré le slogan du Medef et de son président Pierre Gattaz : « Un million d’emplois contre 100 milliards ». Et maintenant, il nous fait le coup des deux millions d’emplois ! Celui qui a menti, ce n’est pas le Medef, mais le président de la République et son Premier ministre. Ils ont fait miroiter des emplois aux Français alors qu’ils n’avaient exigé aucune contrepartie du patronat.


Pourtant, le taux de chômage s’améliore. Leur politique porte donc ses fruits ?

Non, on est dans une phase de stabilisation, mais la précarité augmente considérablement. Il n’y a pas assez de croissance. D’où le forcing fait par le gouvernement sur Pôle emploi pour atteindre l’objectif de 500 000 chômeurs en formation d’ici la fin de l’année. Encore faut-il qu’ils retrouvent ensuite un travail. L’inversion de la courbe, ce sera vrai le jour où cela se fera grâce à de véritables créations d’emploi.


Le départ du gouvernement d’Emmanuel Macron fait la une. Sage décision ou trahison ?

C’est à lui et à François Hollande d’en juger. Mais cette démission n’est pas une surprise. Il y a un moment que je n’ai plus de contacts avec Emmanuel Macron. Depuis plusieurs mois, il était plus préoccupé par son mouvement que par son poste de ministre. Des rendez-vous étaient annulés et pas reprogrammés, par exemple sur le dossier de la centrale nucléaire de Hinkley Point. Il a annulé et n’a pas repris contact.


Quel bilan tirez-vous de son action ?

Un bilan plus que mitigé. Tout le monde parle de la libéralisation des autobus, mais à entendre les dirigeants de ce secteur, si leur chiffre d’affaires a augmenté, c’est davantage grâce aux grèves de train qu’à la loi. En fait, Emmanuel Macron était beaucoup plus influent en tant que conseiller et secrétaire général adjoint de l’Elysée ou sur des dossiers qui ne le concernaient pas. Les licenciements économiques dans la loi Travail, c’est lui. Le pacte de responsabilité, c’est lui, inspiré par Pierre Gattaz. Macron a été une courroie de transmission du Medef.


Quels sont vos rapports avec le Premier ministre ?

Je n’ai pas eu de contacts avec lui depuis fin juin. Il peut m’appeler, il a mon téléphone.


Et avec l’Elysée ?

Pour quoi faire ? Je rappelle que, pendant le conflit sur la loi Travail, j’ai vu trois fois François Hollande. Je considère que cela n’a servi à rien.


Pendant le conflit sur la loi Travail, vous avez déclaré publiquement être encarté au PS. Vous le regrettez ?

Dès mon élection à la tête de FO, j’ai dit que j’étais au PS, même si je n’y milite pas. Je ne l’ai jamais caché, pas plus que mon amitié avec Martine Aubry. Heureusement qu’il reste des socialistes !


La campagne présidentielle a déjà commencé. Qu’en attendez-vous ?

Force ouvrière ne prendra pas position mais j’espère que les questions sociales, économiques et européennes vont revenir au cœur du débat. Il ne doit pas tourner exclusivement sur la sécurité et toutes les variantes possibles de la laïcité. On ne va pas faire la campagne sur le burkini ! Cela ne ferait que renforcer la défiance des Français à l’égard des politiques. Ils sont inquiets en priorité pour leur emploi et leur pouvoir d’achat.


Propos Recueillis Par Catherine Gasté

Voir en ligne : Le Parisien - Interview du 5 septembre 2016

1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 15:44

Déclaration commune CGT, FO, FSU,

Solidaires, UNEF, UNL, FIDL


Un mauvais projet de loi

devient une mauvaise loi !

 

La loi Travail n'est pas bonne pour les salarié-e-s et les jeunes. Elle ne le sera pas non plus pour l'économie du pays. Alors que le chômage et la précarité augmentent, en affaiblissant les conventions collectives au profit des accords d'entreprise, cette loi accroît la concurrence entre les entreprises poussant à l'alignement sur le « moins offrant » pour les salariés. Cette logique de dumping social va engendrer davantage de flexibilité et de précarité et remettre en cause nombre d'acquis sociaux.

 

Cette loi contrevient aux conventions 87, 98 et 158 de l’Organisation Internationale du Travail relatives à la négociation collective, aux libertés syndicales et aux licenciements.

 

Les organisations syndicales étudient tous les recours et moyens juridiques possibles pour s’opposer à la mise en œuvre de la loi Travail.

 

L'emploi, les salaires et les conditions de travail restent des préoccupations majeures pour les citoyen-ne-s.

Le chômage et la précarité sont des fléaux pour notre pays. Les créations d'emplois, dans le privé comme dans le public, sont pourtant nécessaires pour répondre aux besoins de toute la société. La stabilité et la qualité des emplois sont non seulement gage de progrès social et de qualité de vie pour les salarié-e-s et les jeunes, mais sont aussi un facteur essentiel de création d'emplois. La loi Travail tourne le dos à cet enjeu ! Tous les pays qui ont fait l’expérience d’une telle réforme du droit du travail (Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Allemagne) en mesurent aujourd'hui les conséquences néfastes.

 

Affaiblir le code du travail, c'est affaiblir les droits de tous les salarié-e-s !                          

 

Il est clair qu'à terme la fonction publique sera aussi concernée car nombre de règles statutaires relève de la transposition de dispositions du code du travail (dialogue social, respect de la hiérarchie des normes et des droits collectifs, temps de travail, etc.).

 

C'est pourquoi nos organisations continueront à mener tous les débats nécessaires avec les salarié-e-s et les jeunes pour, à l'inverse de cette loi, promouvoir d'autres propositions, obtenir son abrogation et gagner de nouveaux droits pour toutes et tous.

 

Pendant l'été, de nombreuses initiatives locales se sont développées et la carte postale au Président de la République a été largement utilisée. Comme nous l'avons écrit au Président de la République, «on se retrouve à la rentrée...», notamment sur les meetings et débats unitaires déjà programmés.

 

Les organisations dénoncent les faits de répression dont sont aujourd'hui victimes des militant-e-s syndicaux-ales, des jeunes, des salarié-e-s et des agents publics.

 

Les organisations syndicales de salarié-e-s et de jeunesse CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL appellent les salarié-e-s, privé-e-s d'emploi, étudiant-e-s, lycéen-ne-s, retraité-e-s à se mobiliser massivement pour réussir la journée d'actions du 15 septembre contre la loi Travail, selon des modalités décidées localement (rassemblements, manifestations, grèves, etc…), pour obtenir l'abrogation de cette loi et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

 

Les Lilas, le 31 août 2016

12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 15:34

DECLARATION COMMUNE CGT, FO, FSU,

Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

 

Les organisations syndicales de salarié-es et de jeunesse (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) ont pris acte et dénoncent la nouvelle utilisation du 49-3, véritable déni de démocratie, pour faire passer le projet de loi travail.

 

C'est bien la preuve, si celle-ci était nécessaire, que ce texte de régression sociale reste minoritaire. Soutenues par une large majorité de la population,  elles réaffirment leur opposition à ce projet et la nécessité de nouveaux droits pour les salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es. Ce sont encore plus d'un million qui ont participé à la votation citoyenne et signifié leur rejet de ce projet.

 

Les nombreux rassemblements et manifestations de ces derniers jours, notamment le 5 juillet, ont réunis plusieurs dizaines de milliers de participantes.

 

Les organisations syndicales et de jeunesse dénoncent les conditions contraignantes de manifestations qui ont empêché certain-es d'y participer.

 

Elles réaffirment que la liberté de manifester doit rester un droit.

 

Les mobilisations initiées depuis quatre mois n'ont pas été entendues par ce gouvernement. Qu'à cela ne tienne ! La détermination, malgré le passage en force à l'assemblée nationale, reste intacte et toute la période estivale sera l'occasion de la rappeler. Nombre d'initiatives locales, sur tout le territoire, sont déjà prévues et organisées de manière unitaire.

 

Les organisations syndicales et de jeunesse invitent l'ensemble des salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es à adresser une carte postale au président de la République pour lui assurer qu'ils seront toujours mobilisés à la rentrée !

 

Les organisations (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) donnent rendez-vous à l'ensemble des salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es pour une journée d'actions et d'initiatives le 15 septembre pour obtenir l'abrogation de la loi Travail et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives. Elles se retrouveront pour faire le point le 31 août.

 

Paris, le 8 juillet 2016

9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 10:54
LOI TRAVAIL :  on n'oublie rien !!!
7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 14:36

Éditoriaux de Jean-Claude Mailly

FO Hebdo

 

 

Une série de rencontres bilatérales, faisant suite à notre demande, a eu lieu avec le Premier ministre.

 

Déterminés et pragmatiques, nous avons obtenu que la branche, c’est-à-dire les conventions collectives nationales, continue à jouer un rôle demain. Ce que ne prévoyait pas le projet de loi. Cela montre bien qu’il n’était pas bon et qu’il peut bouger ! Même la CFDT, qui voulait que rien ne bouge, doit s’y plier.

 

Mais c’est loin d’être suffisant pour que le projet devienne acceptable.

 

En effet, sur le fameux article 2 concernant la durée du travail, l’inversion de la hiérarchie des normes persiste.

 

Sur ces questions, la discussion a été tendue avec le Premier ministre. Prenons deux exemples parmi d’autres :

- La possibilité ouverte de payer moins cher les heures supplémentaires va conduire à baisser le pouvoir d’achat des salariés. À ma question : « Pourquoi le gouvernement veut-il baisser le pouvoir d’achat », je n’ai pas eu de réponse.

- En laissant, pour le temps partiel, l’entreprise négocier les délais de prévenance (au lieu de la branche) entre trois et sept jours, nombre de salarié(e)s (78 % des temps partiels concernent les femmes) vont connaître une diminution de ces délais, ce qui va notamment impacter l’équilibre, déjà fragile, entre vie privée et vie professionnelle.

 

Et je ne parle pas d’autres articles qui vont faciliter les licenciements et favoriser (y compris à titre préventif !) les baisses de salaires.

 

Sur l’article 2, il y a un mur composé de trois briques : Valls, Gattaz et Berger, qui organisent, pour des raisons diverses, la remise en cause, via les flexibilités, des droits des salariés.

 

Dans notre rôle syndical, nous ne l’accepterons jamais et nous allons continuer à le faire savoir ici, maintenant et demain. 

30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 11:53

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

Manifestation contre la loi travail (11e) le 28 juin 2016 entre la Bastille et la place d’Italie à Paris. . Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

 

Le bon sens, la responsabilité, la nécessité de respecter les droits fondamentaux, dont la liberté de manifester, l’ont finalement et heureusement emporté. Il aura fallu, pour ce faire, que nous prenions l’initiative de demander un rendez-vous rapide au ministre de l’Intérieur et que celui-ci l’ait accepté.

 

C’est ainsi qu’une solution a pu être trouvée.

 

Tout cela montre que lorsque les deux parties sont prêtes à dialoguer sérieusement, un accord peut être trouvé.

 

Ce serait bien qu’il en soit ainsi sur le cœur du sujet, le projet de loi Travail !

 

Nos positions sont connues et elles le sont à tous les étages des pouvoirs publics et du Parlement.

 

Le problème c’est qu’on a le sentiment qu’entre les étages, l’ascenseur fonctionne mal. Mon expérience militante me conduit à dire que je n’ai pas connu un conflit qui dure aussi longtemps. Et nous savons tous que pour qu’un conflit se termine correctement, il faut qu’il y ait un vrai dialogue.

 

C’est pour cette raison que nous avons suggéré au Premier ministre de réunir sur une journée, en contacts bilatéraux, les interlocuteurs sociaux.

 

Bien entendu, cette proposition ne vaut que si un véritable dialogue s’instaure.

 

Abandonner le projet de loi Travail tel qu’il est relève aussi du bon sens au regard du référendum qui vient de se dérouler au Royaume-Uni sur le Brexit. Nombreux sont en effet les commentaires, y compris officiels, expliquant qu’il y a urgence à ce que l’Europe renoue avec les citoyens.

 

Or des projets de loi comme celui sur le travail en France, ou ailleurs, font partie des engagements européens qui salissent l’idée européenne et qui la discréditent aux yeux des travailleurs.

 

La sagesse et la raison devraient l’emporter.

 

Dans tous les cas, nous poursuivrons notre combat de résistance et de progrès. 

 

Retrouvez les éditoriaux de Jean-Claude Mailly sur force-ouvriere.fr

18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 12:17
SYNDIQUEZ-VOUS ET SYNDIQUEZ AUTOUR DE VOUS !