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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 11:34

 

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

 

La question de l’inversion de la hiérarchie des normes était au cœur de notre contestation de la loi Travail. Rappelons qu’elle consiste à écarter le niveau national de négociation (la branche) pour tout renvoyer à l’entreprise, conduisant ainsi à porter atteinte à l’égalité minimale de droits et dérégulant le système de négociation collective.

Pendant le conflit, nous avons maintes fois expliqué que le gouvernement la mettait en place pour le temps de travail, ouvrant ainsi une forte brèche que d’autres élargiraient.

Quand on examine les déclarations de certains candidats à la présidentielle, on constate que nous avions – malheureusement serait-on tenté de dire – raison.

Ils veulent en effet aller plus loin que la loi Travail.

Remettre en cause la branche comme niveau de négociation, casser les conventions collectives nationales puis les statuts dans le public relève du pur capitalisme libéral, sans cache-sexe social.

Il ne s’agit pas pour FO de s’impliquer dans la campagne présidentielle.

C’est d’ailleurs pour cela que nous avons rappelé nos analyses, positions et revendications.

Il est cependant de notre devoir d’alerter sur ce danger d’abandon de la république sociale.

On ne contraint pas la liberté de négociation à tous les niveaux. De la même manière que nous sommes attachés en permanence à la solidarité, au rejet du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme, nous sommes aussi des partisans de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et de la laïcité. 

 
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 09:39

 

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

 

Dans le cadre des relations de solidarité et fraternité internationales, j’ai conduit une délégation confédérale au Sénégal et au Burkina Faso, en lien avec les confédérations CNTS au Sénégal et ONSL au Burkina Faso, toutes deux adhérentes comme nous à la Confédération syndicale internationale.

Visites d’entreprises, réunions de militant(e)s, rencontres dans les unions régionales au Sénégal, contacts officiels avec les deux ministres du Travail et le Premier ministre au Burkina Faso, meeting avec 400 militantes enseignantes le 8 mars au Sénégal, rencontre avec les deux ambassades françaises ont marqué et ponctué ce déplacement.

Nous avons également rencontré des militant(e)s du secteur informel, qui sont maintenant, dans les deux pays, structurés syndicalement dans les confédérations. Ils ne sont ni salariés ni réellement indépendants, passent parfois dans l’informel après un licenciement et n’ont pas toujours accès à la protection sociale minimale.

Ce fut aussi l’occasion de renforcer nos liens et de pouvoir mieux répondre à leurs attentes, qui portent essentiellement sur les questions de formation.

Au Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, nous avons publiquement soutenu le mouvement de démocratisation et les trois axes du programme national de développement économique et social (gouvernance, dont les droits syndicaux ; capital humain, dont la santé et l’éducation ; investissements dans des infrastructures), approuvés par la plupart des syndicats burkinabés dont l’ONSL, et nous avons relayé leurs demandes auprès du gouvernement.

Fraternité, solidarité, coopération ont marqué ces échanges qui contribuent à développer une efficacité syndicale transnationale.

Le site Internet confédéral a relayé pendant notre séjour les différentes activités de la délégation.

 

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 11:09
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 09:07

 

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

 

J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines, d’indiquer publiquement que la campagne présidentielle revêtait un caractère inédit et reflétait une certaine déliquescence démocratique.

Les derniers événements confirment cette appréciation. Il ne nous appartient pas de les commenter. Notre rôle syndical est de poser nos analyses et revendications, ce que nous avons fait, et de réagir, si nécessaire, à certaines propositions sur les questions économiques et sociales qui nous apparaissent non seulement contestables mais dangereuses.

Ce fut le cas la semaine dernière, en réaction à un candidat affirmant notamment vouloir étatiser l’Assurance chômage et transformer sur dix ans le système de retraite.

Étatiser l’Assurance chômage mettrait non seulement fin à ce qui reste du paritarisme en la matière, à savoir la négociation de la convention d’Assurance chômage et l’Unédic, mais l’instauration d’un système universel (ouvert aux non-salariés) transformerait l’Assurance chômage en un filet de sécurité à l’anglo-saxonne. Sans parler d’une logique punitive vis-à-vis des demandeurs d’emploi.

Quant à la mise en place d’un régime universel de retraite sur la base du système dit en comptes notionnels*, nous conseillons de voir les dégâts causés en Suède.

Ce serait une porte ouverte à l’individualisation, à une fausse liberté au travers d’un transfert de risque, au développement des fonds de pension, à la remise en cause du statut général de la fonction publique.

Dans ce schéma, ce système serait en effet le marchepied de la capitalisation.


Ce libéralisme social accentué, à savoir un cocktail de liberté économique, de filet minimal de sécurité et de flexibilité, est présenté comme un outil de simplification. Mais simplifier ne doit pas vouloir dire ratiboiser et individualiser.

* Déjà envisagé par le Premier ministre (François Fillon) en 2010.

 
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 12:24

 

 

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

 

 

Dans les positions et revendications que nous avons publiquement présentées le lundi 20 février figure l’avenir du service public républicain, c’est-à-dire un service public à même de répondre efficacement aux valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

Depuis de nombreuses années, à coups de RGPP [1], MAP [2], d’Ondam [3], de « réformes » hospitalières ou de COG [4] restrictives, l’ensemble des structures concourant au service public a été secoué, les personnels malmenés, les usagers oubliés.

 

Ces restrictions constituent un des volets des politiques économiques d’austérité suivies en France comme au niveau européen.

 

Jamais (et pour cause !) un vrai débat n’a été mené pour confronter les points de vue sur le rôle et les missions du service public. Les gouvernements, obnubilés par la compétitivité/prix et les 3 % de déficit budgétaire, ont procédé à des « réformes structurelles » et à des coups de rabot compromettant l’existence même du service public, notamment dans les zones périphériques aux métropoles.

 

Le débat, nous l’exigeons à nouveau. Il conditionne en partie le modèle de société de demain.

 

Qui plus est, aucune évaluation sérieuse n’a été menée, non sur les aspects comptables, mais sur les impacts économiques et sociaux de ces restructurations.

 

Comme le dit à bon escient Christophe Guilluy [5], notre modèle ne fait plus société, avec tous les risques que cela comporte.

 

C’est aussi cela qu’exprimeront, le 7 mars, les hospitaliers, les territoriaux, les agents de l’État, les salariés de la Sécurité sociale et de l’Action sociale.

 

Quand ils défendent leurs missions, leurs rémunérations, leurs conditions de travail, ce sont aussi les usagers de la République qu’ils défendent.

 

[1] Révision générale des politiques publiques.

[2] Modernisation de l’action publique.

[3] Objectif national des dépenses d’Assurance maladie.

[4] Conventions d’objectifs et de gestion.

[5] Géographe, auteur de La France périphérique, Flamarion, 6 euros.

 

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 20:52

 

 

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

 

La semaine dernière, j’ai participé au lancement par la Confédération européenne des syndicats (CES) de la campagne pour l’augmentation générale des salaires dans tous les pays européens. Cette campagne va durer toute l’année et Force Ouvrière la relaiera en France avec ses revendications.

 

Cette campagne est importante à double titre :

  • elle marque une offensive syndicale européenne qui répond, partout, aux attentes et revendications des travailleurs ;
  • elle implique une remise en cause de la financiarisation de l’économie et une révision des traités européens.

 

Par ailleurs, lundi 20 février le bureau confédéral a rendu publiques (cf. le site Internet confédéral et le numéro 3231 de FO Hebdo) les principales positions et revendications de Force Ouvrière.

 

Europe, international, politiques économiques et sociales, droit syndical, négociations collectives, représentativité, formation syndicale, salaires, emploi, Assurance chômage, formation professionnelle, protection sociale, contrats de travail, numérique, outre-mer, licenciements, égalité professionnelle sont, notamment, au cœur de nos revendications.

 

Autant nous ne donnons et donnerons aucune consigne de vote pour les élections présidentielles, autant il est important, y compris dans cette période, de rappeler notre cahier revendicatif.

 

Encore une fois, nous sommes un syndicat, pas un parti.

 

Et si nous avons des contacts démocratiques avec des partis politiques, nous ne confondons pas les rôles. 

 

 
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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 11:55

Blog le monde.fr - 20 février 2017

 

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, a présenté, lundi 20 février, son cahier de revendications. A deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, pas moins de vingt-trois thèmes sont mis en avant. Le première urgence concerne l’Europe. Afin de « remettre en cause le mouvement de financiarisation de l’économie qui percute la démocratie », FO réclame la « renégociation des traités européens », notamment le pacte de stabilité et de croissance, et la suppression du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG).

 

Pour M. Mailly, il s’agit de « mettre fin aux politiques d’austérité », quitte à s’attaquer au « dieu 3% » sur la limitation des déficits publics. Cela permettrait, selon le syndicat, de « préserver les services publics, lancer un plan exceptionnel d’investissement, intégrant notamment les enjeux environnementaux, d’augmenter les salaires et de mettre en place un socle de droits sociaux fondamentaux ».

 

Le secrétaire général de FO reproche toujours à François Hollande de ne pas « s’être battu », après son élection en 2012, comme il s’y était engagé, pour revoir le pacte de stabilité. « Nous demandons à ce que la France s’engage, a-t-il affirmé, pour réviser les traités. Si la France montait au créneau, elle entraînerait d’autres pays. Si cela continue comme cela, l’Europe explosera car les citoyens n’y croient plus ». « On est exigeant parce qu’on est européen », a-t-il ajouté en assurant qu’il ne prône pas une « sortie de l’Europe » ou une remise en cause de l’euro.

 

Pas d’abrogation de la loi travail

 

Dans son cahier de revendications, FO ne demande plus l’abrogation totale de la loi El Khomri mais – comme semble le proposer désormais Benoît Hamon – « l’abrogation a minima des dispositions les plus rétrogrades » de ce texte. A savoir : « la remise en cause du principe de faveur et de la hiérarchie des normes sur le temps de travail, le référendum, l’accord dit majoritaire, les accords  »offensifs » sur l’emploi, les reculs sur la médecine du travail ».

 

La centrale demande aussi, en se fondant sur une recommandation, non suivie d’effet, du comité de la liberté syndicale de l’Organisation internationale du travail, « le rétablissement de la libre désignation des délégués syndicaux par les organisations syndicales, en supprimant la condition tenant à son audience personnelle, et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise ou de l’établissement ».

 

M. Mailly a indiqué qu’il n’était « pas favorable » au revenu universel. Interrogé sur l’instauration d’une taxe sur les robots, préconisée par M. Hamon, il a rappelé que FO avait revendiqué, il y a déjà plusieurs décennies, une « cotisation-machine ».

 

M. Mailly a réitéré sa demande d’un débat, dans le cadre de France Stratégie, sur le rôle et les missions des services publics qui doivent être guidés par le « respect des valeurs républicaines ». Il a observé que « les salariés ne parlent pas beaucoup de la campagne électorale, ils parlent de leurs problèmes (pouvoir d’achat, emploi, etc.). Ils ont regardé les débats des primaires en cherchant le maillon faible ».

 

« Déliquescence démocratique »

 

Le secrétaire général de FO s’est inquiété, à propos de cette campagne « atypique » et « inédite », d’une « certaine forme de déliquescence démocratique ». Les partis, a-t-il argumenté, « ont été amenés à faire des primaires parce qu’ils n’avaient pas assez d’adhérents. La logique voudrait qu’un grand parti se réunisse, débatte en interne, arrête son programme puis choisisse son candidat. Maintenant, ce n’est plus possible puisqu’ils sont affaiblis« , ce qui est « dangereux démocratiquement ». Les électeurs, a-t-il assuré, « n’attendent pas obligatoirement des programmes détaillés de 80, 100 ou 150 propositions. Ils sont en attente de projet » et attendent ensuite du président élu qu’« il suive ce cap ».

 

Comme à l’accoutumée, FO ne donnera pas de consigne de vote. M. Mailly avait rencontré deux fois Alain Juppé avant la primaire de la droite. Il devait revoir, mardi 21 février, Gérard Larcher pour discuter des propositions de François Fillon. Mais l’entretien avec le président du Sénat a été reporté au 3 mars. Il s’est entretenu en tête à tête avec Jean-Luc Mélenchon et il devrait prochainement faire de même avec Benoît Hamon. Il n’a pas l’intention, en revanche, de rencontrer Marine Le Pen.

 

Du côté d’Emmanuel Macron, Jean Pisani-Ferry, ancien président de France Stratégie, qui pilote le programme économique de l’ancien ministre, s’est entretenu, à sa demande, avec Pascal Pavageau, le numéro deux de FO qui doit succéder à M. Mailly en 2018. Le candidat d’En marche! devrait faire le tour des organisations syndicales en mars.

 

D’ores et déjà, le secrétaire général de FO a demandé aux membres de son bureau confédéral de ne pas s’engager pour leurs congés au lendemain des élections présidentielle et législatives. « Cet été, a-t-il prévenu, nous serons tous sur le pont. » Il ne reste plus qu’à connaître le nom du capitaine.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 10:22

 

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire que la France n’est pas réformable, notamment dans les domaines sociaux et du travail ?

Combien de fois n’a-t-on pas entendu des responsables politiques et patronaux vilipender la rigidité des relations du travail ou l’épaisseur du Code du travail, responsables à leurs yeux du chômage ?

À toutes celles et ceux qui pensent ainsi, je leur conseille la lecture de la dernière Chronique internationale de l’IRES [1], intitulée : « Des réformes du marché du travail pour quelles performances ? ».

On y relève notamment qu’entre 2000 et 2014 il y a eu en France 165 réformes relatives au marché du travail !

On y relève également que rien ne démontre que plus de flexibilité ou de dérégulation favoriserait l’emploi et l’activité économique.

On y relève encore que les réformes (ou plutôt contre-réformes) en la matière ont désécurisé des salariés et sécurisé les employeurs, car elles sont liées à une doctrine néolibérale élaborée notamment par l’OCDE, puis suivie par la Commission européenne et la BCE conformément aux traités signés par les gouvernements.

Tous les candidats à l’élection présidentielle devraient prendre le temps de lire cette analyse (dossier no 155 – septembre 2016).

Face à ce qui apparaissait comme la chronique d’un échec annoncé et maintenant avéré, il est plus qu’urgent de remettre les pendules à l’heure du progrès économique et social, sur le plan européen et national.

Nos analyses et intuitions étaient bonnes. Il faut maintenant que nos revendications aboutissent par la négociation ou, à défaut, par l’action. 

 

[1Institut de recherches économiques et sociales, au service des syndicats.

 
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 13:12

 

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

La situation actuelle tend à montrer que l’organisation de primaires n’est pas une réponse démocratique satisfaisante. De fait, les primaires sont le reflet d’une difficulté des partis politiques, faute d’adhérents, à dégager en interne programme et candidat(e). Imagine-t-on un seul instant des élections au sein du syndicat auxquelles seraient appelés, pour 1 ou 2 euros, les non-syndiqués ou les adhérents d’autres organisations syndicales ? Ce serait, à n’en pas douter, une dérive.

Mais il est vrai qu’il y a beaucoup plus de salariés adhérents d’un syndicat que de citoyens adhérents d’un parti politique. Au strict plan démocratique, il est d’ailleurs dommageable de constater cet affaiblissement des partis politiques : il leur appartient de s’interroger sur les raisons de cette situation.

À n’en pas douter, la situation économique et sociale constitue une des raisons de fond. Comme nous l’expliquons depuis longtemps, l’austérité est suicidaire économiquement, socialement et démocratiquement.

Cette position est aussi celle des syndicats sur le plan européen, dans le cadre de la Confédération européenne des syndicats.

Les citoyen(ne)s n’attendent pas obligatoirement des programmes catalogues. Ils attendent un sens, un projet, une vision à moyen et long terme qui répondent à leurs attentes et surtout que cette vision ne soit pas ensuite contredite dans l’exercice du pouvoir.

Pouvoir d’achat, chômage, emploi, inégalités, respect des valeurs républicaines, préservation de la protection sociale collective sont au centre de leurs préoccupations. On pourrait les résumer en quelques mots : espoir crédible d’une vie meilleure.

Pour ce qui nous concerne, nous resterons dans notre rôle et notre conception de syndicat libre et indépendant : pas de consigne de vote et rappel de nos analyses et revendications, de manière publique, courant février.

 
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 11:57

 

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière

 

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

 

La voracité de certains fonds financiers n’est plus à démontrer. Nombre d’entreprises et leurs salariés en ont déjà fait les frais.

Il s’agit souvent, à partir de mécanismes de type LBO, de «se sucrer sur la bête».

Les remboursements d’emprunt et les dividendes viennent vider l’activité économique, conduisant fréquemment à des ventes ou dépeçages. C’est ce que connaît actuellement Vivarte, où les licenciements et cessions d’activités se multiplient.

Il est plus que temps que cela cesse.

Il faut rappeler que l’entreprise est une réalité économique sans reconnaissance juridique. C’est la société et non l’entreprise qui détient la personnalité juridique.

C’est donc un abus de considérer que ce sont les actionnaires qui sont propriétaires de l’entreprise. Ils ne sont que propriétaires de leurs actions.

Il fut d’ailleurs un temps où des dirigeants d’entreprise pouvaient mener une politique relativement autonome par rapport au capital.

Les choses ont changé dans les années 1980 quand, sous l’influence de l’École de Chicago, il fut décidé que l’entreprise devait, par la création de valeur, privilégier l’intérêt de l’actionnaire, les dirigeants comme les salariés devenant en quelque sorte leurs agents.

De fait, cela a introduit une confusion entre l’intérêt social et l’intérêt des actionnaires au détriment des salariés et de l’entreprise.

En ont découlé toutes les théories et pratiques actuelles du management.

Ce qui est en cause, c’est le mouvement de financiarisation des économies. Il est à l’origine de la crise financière de 2008, favorisée par la dérégulation/déréglementation.

Il porte atteinte à la démocratie et est en grande partie à l’origine du chômage et de la précarité.

Comme je l’indiquais dans un précédent éditorial, il est frappant de constater, en France, que la courbe de progression de la financiarisation est la même que celle de la progression du chômage.

Sortir de l’austérité, c’est aussi s’attaquer à la financiarisation.

 
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